Réunion Ordures Ménagères

L’association Alternative Citoyenne Sud Essonne organise Samedi à 15 heures place de l’église à Chevannes une réunion publique sur les ordures ménagères:

« L’été 2022 est un avant-goût de ce qui nous attend »

Alors que s’est ouverte la 27e conférence de l’ONU sur le climat (COP) à Charm el-Cheikh en Egypte, Davide Faranda, chercheur au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement du CNRS revient pour « La Gazette » sur les événements extrêmes qui ont marqué les esprits cet été. Et qui ne vont faire que s’aggraver.

Comment expliquer cet épisode exceptionnel de chaleur, d’orages et de sécheresse qu’a connu la France au mois d’octobre ?

Il est dû à la présence d’une goutte froide persistante située entre le Portugal et la France. Il s’agit d’une zone de basses pressions qui fait tourner l’air dans le sens inverse des aiguilles d’une montre autour de son centre et fait remonter de l’air chaud venu d’Afrique, par un effet de tapis roulant, jusqu’à l’Hexagone. A l’interface de cet air chaud et de l’air plus frais venu de l’océan apparaissent des orages violents, susceptibles de générer des tornades comme celle qui a touché le Pas-de-Calais et la Somme, le 23 octobre. La position de cette goutte froide a déterminé l’alternance entre vagues de chaleur et conditions orageuses, cet été.

Le phénomène de goutte froide est-il nouveau ?

Non. Ce qui est exceptionnel cette année, c’est la persistance de la goutte froide et surtout au même endroit, sur le proche Atlantique. Des analyses sont en cours pour quantifier la part du changement climatique dans ce phénomène. Des tendances se dégagent. Depuis cinq ans, les gouttes froides se multiplient. Nous essayons de comprendre pourquoi. Il est possible que la différence de températures entre le continent et l’océan, qui est de plus en plus importante avec le changement climatique, soit en cause.  La terre se réchauffe plus vite que l’eau. La position des courants jets – ou « jet stream » –, ces vents qui font le tour du globe, joue aussi un rôle dans l’apparition des gouttes froides. Il faut qu’ils soient plus au Nord que d’habitude pour laisser la place aux gouttes froides. C’est ce qui s’est passé cette année, un phénomène que le changement climatique pourrait amplifier.

Les orages violents pourraient donc se multiplier dans les années à venir ?

Oui. D’ailleurs, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) nous met en garde sur des orages plus fréquents et intenses avec le changement climatique. Les orages de l’été 2022 et, en particulier, le monstre qui a touché la Corse le 18 août, sont un avant-goût des phénomènes extrêmes du climat futur. Pour rappel, cet orage qui est parti des Baléares a touché la Corse, la Toscane et l’Autriche, 100 000 éclairs ont émaillé son parcours, les grêlons ont atteint la taille de 11 centimètres et les rafales de vent, jusqu’à 225 kilomètres/heure. Il a causé douze décès. Des orages d’une telle importance, avec des vents de plus 120 kilomètres/heure et un territoire touché d’une surface de plus de 300 kilomètres carrés, sont appelés « derechos ». Ils sont exceptionnels : on en a dénombré seulement trois en France depuis 1979, année où l’on a pu commencer à les caractériser grâce aux données satellites. Nous venons de démontrer que le changement climatique a joué un rôle important dans la genèse de ce phénomène.

Qu’avez-vous observé ?

La puissance de cet orage, et notamment l’importance des précipitations, s’explique par la température très élevée de la mer Méditerranée, 3 à 5 °C au-dessus des normales de saisons. Ce qui est directement imputable au changement climatique. Aujourd’hui, on observe encore des anomalies de température en Méditerranée qui sont actuellement concentrées sur le sud de la Sardaigne et la Sicile, où il n’a pas beaucoup plu depuis des mois. Ces anomalies sont susceptibles de créer des phénomènes extrêmes comme des derechos ou des ouragans caractérisés par des vents tournants.

Zéro Artificialisation Nette

Les conférences des Scot avaient jusqu’au 22 octobre pour remettre aux régions des propositions de mise en œuvre du zéro artificialisation nette des sols (ZAN). Sur le chemin du ZAN, ce 22 octobre ­constituait un premier point de passage obligé. Mais qu’en est-il du SCOT de notre CCVE? Aucune nouvelle… L’ont-ils fait? Peut-on avoir les documents? En tant qu’élus nous devrions être informés!

Il serait très intéressant de comparer le graphique ci-dessus à celui de la CCVE si nous l’avions…

 Ces ­conférences sont surtout l’occasion d’un riche dialogue sur la sobriété foncière, sur fond de pédagogie, auprès d’élus qui doivent revoir leurs modèles de développement et d’aménagement. Ces modèles d’un autre temps que l’on appliquent toujours sur la CCVE où des programmes consommateurs de terres sont en cours ou projetés dans une absence totale de transparence vis à vis des élus de l’opposition (et même de la majorité non concernée!).

Ces conférences ont également permis de remonter des questions de méthodes, de données et d’ingé­nierie. Nous sommes face à l’absence d’un outil ­incontestable de calcul des terres artificialisées et aux lacunes en matière d’accompa­gnement des collectivités. Jusque-là, chaque agglomération, chaque EPCI, jouaient sa partition dans son coin. Scot et régions doivent s’entendre dans le travail qui reste à fournir.

Si l’enjeu devrait plus que jamais, au niveau local, nous pousser à faire bloc afin de protéger nos terres du Val d’Essonne, le SCOT de la CCVE avance sans transparence. Nous sommes inquiets car les dirigeants de la CCVE ont trop d’accointances avec le marché de l’immobilier. Ils nous suffit d’observer la course toujours plus folle des constructions des dix dernières années à Mennecy et ses environs pour être soucieux de l’avenir de nos beaux paysages…

Déchets: de grosses erreurs…


Le SIREDOM a publié sur son site et sur Facebook un erratum de son rapport annuel 2021. Un excellent article sur ce sujet est publié sur le site de la non moins excellente association « Alternative Citoyenne Sud Essonne », à lire!

Piscine

l’envolée des prix de l’énergie fait craindre le pire

En matière de consommation d’énergie, les piscines sont appelées à faire des efforts cet hiver. Jusqu’à fermer, pour un certain nombre d’entre elles. Les collectivités sont à pied d’œuvre pour tenter de ne pas en arriver là.

Dans le classement des équipements affectés par la hausse des coûts de l’énergie, les piscines sont tout en haut. Il y a même une forte probabilité que nombre d’entre elles ferment cet hiver. Partiellement pour la grande majorité (vacances de Noël, dimanches après-midi…), mais aussi complètement et pour plusieurs mois pour certaines (la presse locale se fait déjà l’écho de plusieurs décisions de municipalités allant dans ce sens).

Les plus touchées seront évidemment les plus vétustes : sur les 4 000 piscines recensées en France, 40 % ont été construites avant 1975. Seront aussi concernées celles toujours chauffées au gaz : « C’est le cas de 70 % des piscines », selon Stéphane Chatelet, président de l’Andiiss Bretagne et ­directeur de la piscine de la Conterie, à Chartres-de-­Bretagne (7 400 hab., Ille-et-Vilaine), qui déplore de voir « encore des projets de complexes aquatiques avec des chaudières à gaz ». Lui utilise une chaufferie au bois, ce qui permet d’être un peu plus à l’abri pour cet hiver.

Surcoûts astronomiques

L’hiver dernier, des bassins avaient dû fermer à cause de la hausse des coûts de l’énergie. Plus récemment, l’affaire « Vert marine », et la décision – illégale – de cette société de fermer brutalement, début septembre, une trentaine des piscines qu’elle gère pour le compte de communes, est revenue tirer la sonnette d’alarme sur les surcoûts astronomiques actuels. Il faut dire que ces équipements sont gourmands en énergie. En cause, ­notamment, les pompes qui font circuler l’eau des bassins, le chauffage de l’eau et de l’air, et la ventilation de l’air. « Tous ces systèmes situés sous les piscines que l’on ne voit pas », résume ­Stéphane Chatelet.

Les collectivités, propriétaires de 80 % des bassins, font tout leur possible pour réduire la consommation d’énergie et éviter les fermetures. Plusieurs solutions sont étudiées : diminuer les débits d’eau et d’air, baisser la température de l’eau et le chauffage, aménager les horaires d’ouverture… Mais tout cela sera-t-il suffisant ? Ces mesures s’inscrivent plutôt dans une perspective d’économies de 10 à 15 %. Rien à voir avec celles demandées par la crise énergétique.

Focus

Un enjeu de sécurité

L’apprentissage de la nage, tant pour les enfants que pour les moins jeunes, représente un enjeu de santé publique. L’objectif est de réduire le nombre de noyades. Entre le 1er juin et le 1er septembre 2021, il s’est produit 1 480 noyades accidentelles, dont 27 % ont conduit à un décès, selon l’enquête « Noyades » de Santé publique France, publiée en 2021 (un chiffre en baisse de 10 % par rapport à celui de l’été 2018).

Mennecy « terre saine »?

Carte Adonis d’utilisation des pesticides en France

Indice de fréquence de traitement phytosanitaire des surfaces agricoles

On ne peut que regretter que les panneaux à l’entrée de notre commune ne reflètent pas la triste réalité de notre agriculture … Ormoy est en vert, peut-être est-ce parce qu’ils ont bétonné leur dernier champ qu’ils n’utilisent plus de pesticides?

Toutes les informations sur: solagro.org

Droit de réponse

Monsieur le maire de Mennecy dans sa tribune du mois d’octobre entretient une confusion qu’il est nécessaire d’éclaircir.

Son titre peut laisser croire que le seul élu d’opposition de Mennecy à la CCVE, moi-même, ait voté contre, ce n’est pas le cas, j’ai voté pour.

Comme on peut le lire sur les délibérations ci-dessous, personne n’a voté contre. Quelques élus se sont abstenus, aucun parmi eux n’a jamais été membre d’un parti politique et donc aucun n’est membre ou même sympathisant de la « gauche tendance radicale » dont parle monsieur Dugoin-Clément pour faire peur à ses ouailles et encourager la montée du Rassemblement National. Rappelons que dans sa majorité municipale, il peut compter sur un ex candidat du Front National

Par contre, ce qui est particulièrement étonnant, c’est que l’on compte dans les rangs des abstentionnistes madame Budelot, maire de Vert-Le-Petit et vice-présidente de la CCVE comme monsieur Dugoin-Clément… Serait-elle membre de la gauche radicale et dans sa majorité ? Rappelons que dans sa majorité municipale, il peut compter sur un ex opposant du parti socialiste.

Trop fier de sa joute verbale à propos du conseil communautaire du 27 septembre dernier, il oublie de préciser qu’il n’y était pas comme très souvent. Si il avait été présent, peut-être aurait-il pu expliquer et comprendre pourquoi ces élus se sont abstenus avant d’essayer de les stigmatiser ?

Je crois que le discours politique doit être exemplaire pour que les français retournent aux urnes mais quand les politiques, comme lui, ont un discours pour attiser les peurs, c’est l’abstention ou le Rassemblement National qui y gagnent.

Rappelons que soutenu par presque tous les maires de la circonscription dont madame Budelot, il a lamentablement perdu les élections législatives en se retrouvant quatrième dans son bastion de droite, battu par le Rassemblement National, mais il n’a toujours pas compris la leçon…

SCoT métropolitain : faire de l’enquête publique une opportunité démocratique de fixer des objectifs écologiques et sociaux ambitieux pour notre territoire

Un sujet qui va devenir brulant – https://blogs.mediapart.fr/scopfair/blog/141022/le-grand-paris-s-enlise-dans-un-scot-sans-ambition

  1. Le SCoT, c’est quoi ?

Le schéma de cohérence territoriale est un document de planification stratégique à long terme et de coordination crée par la loi SRU en décembre 2000. Ses objectifs et orientations s’appliquent à l’ensemble du périmètre administré par la Métropole du Grand Paris. 

En tant que document d’urbanisme de référence, il couvre un grand nombre de politiques sectorielles telles que les questions d’organisation de l’espace urbain  et d’urbanisme, d’habitat, de mobilités, d’aménagement commercial ou encore d’environnement (biodiversité, énergie, climat, etc.). En agissant sur ses aspects, il doit permettre de répondre aux objectifs portés par les politiques publiques et les planifications en matière d’environnement et de santé, de justice sociale, et de développement et attractivité. 

Au sein d’un territoire dont l’espace urbanisé représente près de 87 % de sa surface, où la part d’espaces naturels a été réduite de moitié au cours des 40 dernières années et où les inégalités socio-économique n’ont eu de cesse d’y progresser, un tel document recouvre donc une importance majeure.

Ce caractère décisif est d’autant plus renforcé, que le SCoT, du fait de son obligation de cohérence et continuité avec les documents de planification supérieurs (SDRIF, SDAGE, SAGE, SRCE, SRADDET), s’impose juridiquement comme référence dans le cadre de l’élaboration des PLU/PLUi.

L’élaboration du SCoT s’inscrit dans un processus long à plusieurs phases, qui peut s’étendre sur une période de 3 à 5 ans environ. Il est constitué du rapport de présentation composé de deux tomes, du projet d’aménagement et de développement durables (PADD), du document d’orientation et d’objectifs (DOO) et d’un cahier de recommandations pour l’élaboration des plans locaux d’urbanisme intercommunaux (PLUI).

Concernant le nouveau projet de SCoT, il a déjà fait l’objet de premières contributions et négociations entre élus métropolitains ayant permis d’aboutir à une version votée à 94% le 24 janvier dernier. C’est cette version qui est aujourd’hui soumise à discussion auprès des acteurs territoriaux et habitants dans le cadre de l’enquête publique. 

Bien que cette première phase ait permis un relatif enrichissement du document, les écologistes considèrent qu’il n’est tout de même pas encore à la hauteur de l’urgence environnementale et sociale qui traverse notre territoire. Nous souhaitons donc faire de l’enquête publique qui s’ouvrira pour un mois dès le 3 octobre, une opportunité de mobiliser très largement et d’entériner des objectifs forts et clairs.

  1. Les avancées obtenues en janvier 2022

Au cours de cette première phase d’élaboration du SCoT, les élus écologistes se sont retrouvés confrontés au contexte de gouvernance partagé de la Métropole, selon lequel chaque décision doit remporter une adhésion élargie afin d’être adoptée. Il a ainsi fallu défendre nos ambitions autour du SCoT lors des négociations amont, tout en composant avec un paysage politique divers, constitué d’élus locaux à la sensibilité écologique et sociale très inégale, allant parfois jusqu’à remettre en question la légitimité de la Métropole à intervenir dans leur territoire.

En dépit de cet environnement contraint, de premières avancées notables ont été obtenues par les écologistes parmi lesquelles :

1. L’affirmation d’un objectif de 30 % de pleine-terre dans les espaces les plus imperméabilisés, avec obligation de compensation en cas d’artificialisation inévitable ; 

2. Un effort particulier en direction des quartiers populaires et démographiquement denses, afin de garantir des conditions de vie soutenables et de qualité pour toutes et tous. Une ambition qui se traduit notamment par une priorité donnée au maintien et développement d’espaces végétalisés dans ces quartiers ;

3. La préservation de corridors écologiques et d’espaces de biodiversité avec une limitation annoncée de la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers à
195 ha. ; 

4. Un soutien à l’innovation assumé et pensé sous l’angle écologique et social, et visant de sorte à créer un réseau d’infrastructures économiques au maillage équilibré.

  1. Les limites

La version du SCoT aujourd’hui soumise à l’enquête publique, si elle présente des orientations appréciables, ne formule pas encore d’engagements à la hauteur de l’urgence environnementale et sociale. La mission régionale de l’Autorité environnementale (MRAE) d’Ile-de-France a d’ailleurs formulé un constat semblable dans l’avis qu’elle a rendu le 22 juin dernier et qui sera d’ailleurs joint aux documents de l’enquête publique (*2022-06-22_mgp_scot_avis_delibere.pdf (developpement-durable.gouv.fr).

 « Le SCOT adopté le 24 janvier dernier n’est pas en l’état de nature à répondre aux grands défis environnementaux et sanitaires du territoire métropolitain dans son contexte régional, et plus largement à l’échelle nationale comme internationale ».

Parmi les principales limites, étaient évoquées dans ce rapport :

  • Une insuffisance des objectifs chiffrés et territorialisés, notamment en matière de consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers, ou encore de développement économique. 

Le groupe quant à lui estime que l’objectif de 30% de pleine-terre doit être précisé en étant rapporté à la parcelle, tout comme l’objectif d’artificialisation qui pourrait à terme être porté à zéro artificialisation brute.

  • une déclinaison insuffisante des objectifs environnementaux inscrits dans les plans et programmes de rang supérieur, et une mise en cohérence avec le Plan climat air Energie métropolitain (PCAEM) trop peu visible. Une prise en compte plus forte des risques d’inondation, de réduction des consommations énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre, de développement des énergies renouvelables et des mobilités alternatives à l’automobile, de préservation ou d’amélioration des continuités écologiques et de limitation de la consommation foncière est attendue.
  • une marge d’interprétation et de déclinaison des orientations trop étendue à l’échelle des plans locaux d’urbanisme intercommunaux, ne permettant pas de garantir la portée et l’efficacité du SCoT. Il est attendu par la MRAE que le SCoT puisse revêtir un caractère plus prescriptif et limitatif.  
  • un renvoi systématique des questions liées à l’habitat au futur PMHH, alors qu’il apparaît essentiel de cranter une démarche volontariste de la part de la Métropole, notamment concernant le sujet de la vacance dans le SCoT. L’autorité environnementale a notamment regretté qu’alors que le diagnostic du SCoT pointait lui-même que « Entre 2013 et 2018, la part des logements inoccupés a augmenté de +1,5 point dans la Métropole pour atteindre 11,9 % », aucun objectif territorialisé n’aie été fixé dans le PADD.

Nous proposons aux contributeurs à l’enquête publique de participer à faire entendre ces différents points, dans la mesure où ils font également sens pour vous, en les évoquant directement dans vos contributions.

  1. L’opportunité que constitue l’enquête publique et les préconisations

L’enquête publique doit être abordée comme une opportunité démocratique à part entière, par laquelle habitants et acteurs territoriaux vont pouvoir pleinement agir sur le devenir de leur espace de vie. Aussi, nous vous invitons en tant qu’acteur de votre territoire à faire peser les enjeux écologiques dans les négociations autour du SCoT à la fois en contribuant vous-même bien entendu, mais aussi en mobilisant largement autour de vous. Ceci afin que la voix du plus grand nombre puisse s’exprimer dans le cadre de l’enquête et qu’ait été donné la possibilité à chacun de pleinement mesurer ce qui se joue au travers de ce document réglementaire.

Dans cette optique, vous pouvez notamment :

  • Diffuser le dossier d’enquête publique en ligne : https://www.registre-numerique.fr/scot-metropole-grand-paris/documents
  • Diffuser le kit de participation au sein de votre réseau ;
  • Organiser des temps d’échange dans vos villes auprès des militants mais aussi des publics non engagés pour présenter le document, ses enjeux, la position des écologistes et inciter à une participation massive à l’enquête publique  ;
  • Communiquer publiquement afin d’informer de la tenue de l’enquête publique et de la position des écologistes (réseaux sociaux, interventions orales, presse, etc.).

L’hymne au local de Bruno Latour

Le philosophe, sociologue et anthropologue Bruno Latour est décédé dans la nuit de samedi à dimanche à l’âge de 75 ans. Je vous propose de redécouvrir cette interview, publiée en 2021, dans laquelle il revenait sur nos manières d’habiter le monde, nos modes d’existence, en particulier à l’échelon local, et sur la nécessité de dresser un inventaire de nos interdépendances et de coconstruire une vision commune du monde.

Plus de temps à perdre, l’heure est à l’inventaire. Dans son dernier ouvrage « Où suis-je ? Leçons du confinement à l’usage des terrestres », paru en janvier aux Editions La Découverte, Bruno Latour, philosophe, sociologue, professeur émérite associé au médialab de Sciences-po, cherche à tirer les leçons de l’épreuve que nous traversons collectivement, pour que le « monde d’après » ne ressemble pas à celui d’avant.

Selon lui, la crise sanitaire s’encastre dans une autre crise, plus profonde : la crise écologique, qui doit nous amener à repenser nos territoires, c’est-à-dire l’endroit où nous habitons, les interactions qui s’y déploient et les interdépendances à l’œuvre. Ce travail est indispensable pour se rendre compte de la déconnexion entre le monde « dans lequel on vit » et le monde « dont on vit ».

L’auteur de « Où atterrir ? Comment s’orienter en politique » (2017) et de « Face à Gaïa. Huit conférences sur le nouveau régime climatique » (2015) souligne qu’une telle cartographie serait très précieuse pour les collectivités, comme il l’avait déjà évoqué en mars à l’invitation de l’agence de design de politiques publiques Vraiment Vraiment.

Les collectivités, qui héritent de découpages administratifs obsolètes, doivent chercher à réimpliquer les habitants pour bâtir une vision commune de leur territoire. Bruno Latour participe lui-même à un tel projet, à la fois politique, social et écologique, en coconstruction avec une soixantaine d’habitants de Saint-Junien (11 300 hab., Haute-Vienne), depuis un an et demi.

Il invite à généraliser cette approche et à mettre en place de nouveaux dispositifs pour être, enfin, à l’écoute des populations. Il estime toutefois qu’un tel travail nécessite du temps et ne pourra pleinement se déployer dans le cadre actuellement défini par l’Etat.

Vous considérez que la crise du Covid-19 et la crise écologique doivent nous amener à nous « relocaliser »…

Durant le confinement, la crise sanitaire nous a fait procéder à une sorte d’exploration des conditions d’interdépendance autour de notre habitation. En un sens, on était « relocalisés ». La crise sanitaire et, plus largement, la crise écologique viennent en fait interrompre nos relations quotidiennes et mettent au jour la dépendance et l’interdépendance dans lesquelles nous sommes insérés.

Les ressources viennent d’ailleurs, les gens ne travaillent pas à l’endroit où ils vivent et à un sentiment de déclassement s’ajoute un sentiment de déterritorialisation, de délocalisation, qui vient du fait que, si l’on commence à se préoccuper du monde dont on vit, le monde dans lequel on vit devient problématique.

Tous les citoyens ont le même sentiment que leur territoire est en train de changer et que la définition qu’on leur en donne d’habitude ne correspond plus à leur expérience. Voilà pourquoi, avec cette crise généralisée, le moment est venu d’organiser une redescription des territoires. Il est indispensable que les élus et les administrations s’organisent, mais on ne doit pas oublier que ce qu’il faut arriver à combler, c’est la distance entre les agents et les habitants. Entre la façon dont les habitants se considèrent et la façon dont les élus et les administrations les considèrent.

Il faut se mettre à l’écoute des habitants qui, tous, dépendent de tout un tas de choses différentes de leurs voisins. En 1789, au moment d’une crise majeure, il y a eu les cahiers de doléances. On les résume souvent à une somme de desiderata, mais ce n’était pas du tout le cas. Ces cahiers décrivaient collectivement l’ensemble des conditions des territoires, les indépendances et interdépendances, ainsi que les injustices qui y existaient.

Cela implique-t-il davantage de coopération et de coconstruction à l’échelon local ?

Il faut longuement analyser les situations de dépendance pour pouvoir décrire un territoire. L’action publique locale a l’habitude d’interroger les habitants avec des problématiques déjà posées. On est organisés autour de la notion de problèmes à résoudre.

Il ne faut plus aller voir les gens pour leur demander si telle action publique est satisfaisante, mais construire avec eux. Il faudrait leur demander « quel est le problème que vous voudriez résoudre » et « est-il bien formulé ? ». Les élus croient que, parce qu’ils sont élus, ils représentent un commun, mais c’est une virtualité. C’est un tout petit chiffon de commun.

Pour réussir à refaire du commun, il faut arriver à construire des dispositifs où des gens s’entendent, découvrent leurs désaccords et perçoivent la différence entre leurs façons de concevoir ce même commun. Cela demande du temps, car l’un des obstacles est la compréhension que les gens ont de leur propre territoire. C’est ce que nous faisons avec l’expérimentation à Saint-Junien depuis un an et demi, avec une soixantaine d’habitants.

Le découpage administratif d’un territoire n’a plus de sens, selon vous ?

Les maires ont tendance à vouloir « raccourcir » le réel en disant « nous sommes citoyens de la même ville » et à vouloir aller vite, avec de la concertation, sans réellement se mettre à l’écoute. Mais il n’y a plus aucune correspondance entre un territoire et le cadre territorial que gèrent encore élus et administrateurs. La définition de ce territoire qu’ils administrent a disparu sous eux. Il faudrait effectuer beaucoup de travail pour redéfinir ce qu’est, aujourd’hui, la carte administrative de la France.

D’ailleurs, on n’a jamais autant parlé des territoires que maintenant, c’est un symptôme intéressant. Jusqu’à présent, le global était le vecteur, l’horizon vers lequel on se dirigeait. L’avenir d’un territoire consistait en quelque sorte à se donner au national, puis au global. Mais c’est tout à fait différent, maintenant.

En revanche, si, par « territoire », on entend le local, cela ne marche pas non plus, car rien n’est « local », tout s’insère dans un réseau dispersé. Sortir du global et s’enfermer dans le local serait tomber de Charybde en Scylla. Ilfaut, en réalité, reconstituer du lien entre le local et le national.

Tout n’est donc pas entre les mains des collectivités ?

Notre problème, c’est que l’Etat n’organise plus aucune relation avec les territoires, sinon sous la forme d’appels à projets. C’est une calamité qui empêche tout le monde de faire correctement les choses, car on passe son temps à trouver de l’argent pendant une période donnée et, ensuite, c’est fini. Je suis bien conscient qu’il est impossible de réaliser cette redescription des territoires si l’Etat ne revient pas à un mode de financement basé sur des subventions pérennes, qui donnent du temps aux élus et à leurs équipes pour travailler.

Tout le monde veut accélérer quelque chose qui ne peut pas l’être. Nous sommes victimes de la privatisation de l’Etat, qui se retrouve misérable et se laisse envahir par les consultants privatisant toujours plus le système. Le privé, c’est bien, mais pas pour trouver le bien commun.

Le sens de l’histoire a, en réalité, changé : il ne s’agit plus d’accroître la production, de plus en plus associée à la destruction, mais de concilier le monde dont on vit et le monde dans lequel on vit. Ce ne sont plus les mêmes problèmes qu’après-guerre, avec une période de développement et de modernisation, et cela impacte la manière de concevoir l’avenir d’un territoire.

Le progrès se trouve aujourd’hui du côté du maintien des conditions d’habitabilité de la planète. Certains élus sont habitués à parler en termes de développement économique et confient leur commune à des multinationales. Lorsqu’un maire laisse s’implanter une plateforme comme Amazon, il donne son sol à d’autres. Il se désapproprie. Les territoires doivent arrêter de lutter pour être vendus au plus vite.

Droit de réponse

Le journal « Le républicain » a consacré un article (en bas de page) à la manifestation organisée par l’association « Alternative Citoyenne Sud-Essonne » contre les nouveaux tarifs et la nouvelle organisation de la collecte des déchets ménagers. Patrick Imbert, président de la CCVE, critiqué pour sa gestion de la collecte des déchets ménagers a souhaité un droit de réponse dans ce même journal la semaine suivante (en bas de page aussi).

Dans cet article, il affirme que les habitants de la CCVE sortent en moyenne le bac à ordure une semaine sur trois! Peut-être devrait-il aller demander aux habitants de sa commune de Ballancourt ce qu’ils en pensent… A force de ne sortir de son bureau doré qu’entouré de ses adjoints, il a visiblement perdu contact avec eux!

Alors que nos tarifs de collecte augmentent d’environ 80%, on ne peut pas lui laisser dire, non plus, que les nouvelles collectes génèrent une économie de 110 000 € par an alors qu’on lit dans le rapport 2021 qu’elles ont coûté 217 788 € TTC par mois dans l’ancien marché et 248 191 TTC par mois dans le nouveau marché. Ce n’est pas une économie de 110 000 € par mois mais une augmentation de 364 833 € par an! A-t-il lu le rapport annuel 2021 que son administration a présenté aux élus?

Son grand argument: la Taxe Générale sur les Activités Polluantes a augmenté et nous sommes obligés de reporter cette TGAP sur les factures… C’est vrai mais elle augmente à hauteur de 5 € par habitant et par an… 80 % ? Sérieusement ?!

Il aurait pu nous expliquer aussi pourquoi les foyers paient tous 100 € pour l’accès aux déchetteries même quand ils n’utilisent pas ce service très coûteux? Pourquoi le tarif est le même pour ceux qui continuent à avoir une collecte par semaine et ceux qui n’en ont plus qu’une tous les 14 jours ? Pourquoi l’exercice 2021 se termine avec un excédent de 969 338 € alors que l’on nous ponctionne une provision de 28,50 €?

On est en droit de se demander aussi si le travail du journaliste ne serait pas de vérifier ses propos avec des documents officiels, pour ma part je peux tous les fournir…