Budget de Mennecy : douche froide pour tout le monde ?

Nous avons reçu le budget définitif (143 pages de tableaux et de chiffres) 3 jours avant le conseil municipal et nous étions censés voter et approuver ce budget au conseil municipal du 14 avril dernier. Nous avons préféré nous abstenir mais au fur et à mesure de sa lecture, nous vous ferons part de nos observations au travers d’une série d’articles.

On commence…

Le maire nous a annoncé cette année l’augmentation de la cantine (alors qu’elle est déjà plus chère que dans de nombreuses communes voisines) pour des raisons d’inflation et d’énergie. Le maire a aussi notamment supprimé l’eau chaude des douches des footballeurs en raison de cette hausse de l’énergie. Observons les chiffres.

A propos des impôts directs locaux à Mennecy :


En 2022, selon le compte administratif validé par le conseil municipal du 14/04/2023, ils s’élèvent à 13 844 716,00€.
En 2023, selon le budget primitif validé au conseil municipal du 14/04/2023, ils s’élèveraient à 15 620 300,00€

C’est une augmentation de 1 775 584€ soit presque 13% de plus en 1 an. Cette hausse est beaucoup trop importante et les économies réalisées par exemple sur les cantines ou sur les douches de nos footballeurs sont injustifiées et presque imperceptible dans le budget de la commune. Certes l’État augmente la taxe sur les charges locatives pour toutes les communes mais la part communale augmente beaucoup trop. Ce n’est pas justifiable par l’inflation et l’énergie.

A propos de l’énergie :


Le budget alloué à l’électricité s’est élevé à 529 800€ selon le compte administratif
Il a été dépensé 457 082€, donc moins que prévu.
Le budget alloué en 2023 s’élève à 1 000 000€

Pour le gaz, le budget alloué en 2022 s’est élevé à 240 000€
Il a été dépensé 237 717€ donc moins que prévu
Le budget alloué en 2023 s’élève à 240 000€ donc identique à 2022 !

Le budget 2023 prévoit donc uniquement une hausse de 470 200 € pour l’électricité soit 89%.

Mais…

Un mot sur une recette fiscale de la commune : la Taxe Locale sur l’électricité.

Elle est au taux maximal à Mennecy.
En 2022, elle produit 272 581 € pour 255 000 prévu dans le budget primitif adopté par le conseil municipal. En 2023, il est attendu 275 000€.

Cette taxe est calculée sur la valeur TTC du kwh. Si l’électricité augmente de x%, le produit de cette taxe augmente de x% aussi. La mairie ne prévoit donc qu’une hausse de 0,9 % de l’électricité alors que le budget augmente de 89% !? Cette estimation faite dans le budget est donc complètement irréaliste. D’un côté on prévoit une très forte hausse de la dépense « électricité » et on finance par l’impôt et de l’autre côté on prévoit une très faible hausse de la taxe locale sur l’électricité. Si le bouclier fiscal du gouvernement est suspendu, cette taxe augmentera très fortement et les menneçois paieront donc deux fois la hausse de l’énergie.

Conclusion

On peut donc observer que Mennecy, grâce à une hausse importante de nos impôts, a de quoi voir venir l’inflation et l’augmentation du coût de l’énergie. Mennecy avait donc les moyens de ne pas augmenter les cantines (pour 30 000€) et de laisser des douches chaudes à nos footballeurs !

La hausse des impôts est une solution de facilité. La mairie n’a aucune stratégie d’efficience énergétique à long terme. On ne pourra pas payer toujours plus et consommer toujours plus, il faut repenser notre modèle énergétique communal autrement que par l’impôt.

à suivre…

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Menace sur nos eaux souterraines!

C’est catastrophique et particulièrement en Île de France… En seulement 8 ans !!! Pourtant la présidente nous a dit la semaine dernière que tout allait bien… Les bras m’en tombent!

Nouvelles menaces sur l’eau potable

Un rapport publié ce 6 avril par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail met en lumière l’importance de la pollution du milieu naturel par les pesticides et leurs résidus. Ces substances qui ont été peu surveillées à ce jour apparaissent lors de campagnes d’analyse. Et leur présence avérée dans l’eau potable pose le problème de la politique de l’eau actuelle.  

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a publié ce jeudi 6 avril une étude qui présente les résultats d’une enquête sur la présence de pesticides et de leurs métabolites (1) dans l’eau potable, ainsi que des résidus d’explosifs. Les résultats sont alarmants.

C’est en 2019 que l’Anses a décidé de lancer cette campagne d’analyse, en concertation avec les ARS et la Direction générale de la santé (DGS), pour traquer la présence de trois classes de polluants dans l’eau potable et dans l’eau brute utilisée pour la produire :

  • 157 pesticides et métabolites de pesticides
  • 54 résidus d’explosifs,
  • un solvant : le 1,4-dioxane.

La campagne a permis de collecter plus de 136 000 résultats. Les prélèvements d’eaux brutes et traitées ont été réalisés sur tout le territoire français, y compris dans les territoires d’outre-mer. L’objectif était d’analyser des points de captage d’eau représentant environ 20 % de l’eau distribuée.

Chlorothalonil : ennemi public N°1

Résultat : 89 de ces pesticides et métabolites ont été détectés « au moins une fois dans les eaux brutes et 77 fois dans les eaux traitées ». Parmi les 7 composés « émergents » ayant conduit à des dépassements de la limite de qualité de 0,1 µg/litre (selon la réglementation), un cas en particulier se dégage : le métabolite du chlorothalonil R471811. C’est le composé le plus fréquemment retrouvé, « dans plus d’un prélèvement sur deux », note l’Anses. Et il conduit « à des dépassements de la limite de qualité dans plus d’un prélèvement sur trois ».

Pour rappel, le chlorothalonil est un fongicide commercialisé par Syngenta, utilisé depuis 1970 et interdit en France depuis 2020. « Ces résultats attestent qu’en fonction de leurs propriétés, certains métabolites de pesticides peuvent rester présents dans l’environnement plusieurs années après l’interdiction de la substance active dont ils sont issus », note le rapport.

C’est en apprenant la présence importante de ce métabolite de pesticide dans les eaux de consommation en Suisse que l’Anses a décidé de l’intégrer dans sa campagne d’analyse. « Un autre métabolite du chlorothalonil a été retrouvé avec une concentration supérieure à la limite de qualité de 0,1 µg/litre dans environ 3 % des échantillons », ajoute l’agence.

Pour rappel, dès lors qu’un métabolite est considéré comme pertinent, il peut être intégré dans les campagnes de mesures réalisées par les ARS, avec une limite de qualité à respecter de 0,1 µg/litre.

Ce métabolite est présent dans plus de la moitié eaux destinées à la potabilisation et en concentration supérieure aux limites de qualité (0,1μg/l) dans plus d’un tiers. Cela en ferait aujourd’hui la cause majoritaire de non-conformité réglementaire de l’eau potable en France. (communiqué de la FNCCR)

Les autres substances investiguées

En toute logique, d’autres micropolluants ont été retrouvés, et notamment le métolachlore ESA (lire notre enquête), qui a été évalué comme non pertinent par l’Anses en 2022 mais qui a été quantifié dans plus de la moitié des échantillons, sachant que « moins de 2% d’entre eux dépassent la valeur de gestion de 0,9 µg/litre définie pour les métabolites non pertinents ».

Concernant les résidus d’explosifs (issus de sites d’armement datant de la première guerre mondiale ou à proximité d’activités industrielles d’armement), ils ont été retrouvés dans moins de 10 % des échantillons d’eaux traitées. Le 1,4-dioxane (solvant) a quant à lui été quantifié dans 8 % des échantillons.

Quelles conséquences pour les collectivités ?

Il existe des traitements qui peuvent être intégrés dans les usines de production d’eau potable pour se débarrasser de ces substances : traitement sur charbon actif, filtration membranaire par nanofiltration ou par osmose inverse. Mais ils entrainent un coût important en investissement ainsi qu’en exploitation (l’énergie pour la filtration membranaire, la régénération du charbon actif). Cela aura donc un impact important sur le prix de l’eau.

Selon la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), l’installation de ces traitements à l’échelle nationale entrainerait « une dépense supplémentaire de plusieurs milliards d’euros», l’effort financier étant d’autant plus difficile à supporter pour une petite collectivité. Reste aussi, pour les autorités sanitaires, à mieux identifier les impacts sur la santé humaine de ces micropolluants.

Dans un communiqué publié le 7 avril, la FNCCR préconise plutôt « une remédiation du problème à la source par une préservation des ressources en eau et la responsabilisation des producteurs des pesticides mis sur le marché ». Une logique qui est en ligne avec celle des agences de l’eau : « cela coûte nettement moins cher d’agir sur la préservation de la ressource, que sur le traitement de l’eau potable. D’autant que le charbon actif se sature plus vite avec les métabolites qu’avec les autres molécules », nous explique un expert en eau potable de l’une des 6 agences de l’eau.

Une limite a cette logique, qui consiste à agir en amont : « les actions de préservation ne donnent pas des résultats immédiats car les métabolites demeurent présents durant plusieurs années, voire des décennies », explique la FNCCR, alors que « la législation prévoit que les services publics d’eau potable disposent de maximum six ans pour abaisser la concentration de ces polluants sous le seuil de conformité ».

Pour financer des actions de remédiation, la FNCCR appelle a mettre à contribution le fabricant du pesticide. Même logique du côté de l’association Amorce qui milite depuis plusieurs années pour la création d’une  filière à responsabilité élargie des producteurs (REP) sur ces polluants – en s’inspirant du dispositif existant dans le secteur des déchets.

Pourquoi les collectivités et donc les consommateurs devraient-ils payer le prix des erreurs des autres ? En outre, le remplacement de molécules chimiques par de nouvelles s’avérant à terme tout aussi problématiques nous mènent à l’impasse. (Hervé Paul, vice-président de la FNCCR)

Ce rapport vient mettre en lumière les carences de la politique actuelle du gouvernement, et de sa volonté de ne pas interdire des pesticides dont on retrouve pourtant la présence (de la molécule mère ou de ses métabolites) dans le milieu naturel ainsi que dans l’eau potable. Ainsi, le même jour où Emmanuel Macron présentait le nouveau « plan eau » (lire notre article), son ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire annonçait sa décision de revenir sur l’interdiction d’un des pesticides incriminés par le rapport de l’Anses, le S-metolachlore.

Focus

Le ministère ne compte pas changer de logique

Suite à la sortie du rapport de l’Anses, le ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires (MTECT) a finalement réagi le 7 avril. Notant que la campagne exploratoire de l’Anses avait mis en évidence des concentrations maximales de 2µg/L, le MTECT a tenu à rappeler que « les eaux prélevées et analysées sont non conformes mais ne présentent pas de risque sanitaire », en rappelant que « la valeur sanitaire transitoire permettant de prévenir d’un risque sanitaire est de 3µg/L ».

Il explique cependant que le ministère de la Santé va rester « particulièrement vigilant sur la qualité des eaux destinées à la consommation humaine et mettre en place, sous la conduite des ARS, des mesures plus régulières, à partir de 2023, du Chlorothalonil et de ses métabolites, en lien avec la montée en compétences des laboratoires agréés pour le contrôle sanitaire des eaux pour rendre des résultats fiables ».

Pour améliorer la qualité de l’eau, le ministère appelle à « intensifier les mesures de protection des zones de captage, de les adapter et les différencier en fonction des spécificités territoriales », en amenant les filières agricoles « à réduire substantiellement l’utilisation des produits phytosanitaires », à travers des « pratiques agricoles alternatives, économiquement soutenables ». Mais il maintient sa stratégie qui consiste à ne pas vouloir laisser les agriculteurs « dans des impasses techniques et économiques, à l’instar des situations récentes du S-métolachlore ou des néonicotinoïdes », invoquant la souveraineté agricole et alimentaire.

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Groupe Naturellement l’Essonne

Assemblée Départementale du 3 avril 2023

Le département est tellement peu habitué au vocabulaire écolo qu’ils ont confondu « imperméabiliser » et son contraire!!!

Communiqué de presse des élu.es du Groupe Naturellement l’Essonne concernant la politique de transition écologique du Département présentée en assemblée:

Ambition écologique pour l’Essonne : après les paroles, on attend les actes !
A l’occasion de la séance publique du conseil départemental de ce lundi 3 avril 2023, nous avions à nous prononcer sur plusieurs délibérations relatives aux politiques de transition écologique du Département. Baptisée « Eco-ambition 91 », cette feuille de route s’articule autour d’un axe majeur : Contribuer à réduire l’empreinte carbone du département pour limiter notre impact sur le climat et limiter au maximum le réchauffement à +2°C.


Pour y parvenir, un certain nombre d’objectifs à atteindre en 2030 ont été posés :
 Contribuer à réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990,
conformément à la Stratégie Nationale Bas-Carbone ;
 Réduire de 40 % la consommation d’énergie du Département par rapport à une année de
référence se situant entre 2010 et 2020 ;
 Réduire de 50 % la consommation d’espaces d’ici 2030 en vue d’atteindre le Zéro
Artificialisation Nette en 2050, conformément aux objectifs de la loi Climat et résilience.


Comme nous l’avons souligné dans nos interventions, il reste cependant plusieurs difficultés à résoudre pour parvenir à relever ce défi :
Sur la méthode :
Pour mesurer l’impact de ces nouveaux engagements, un bilan des émissions de gaz à effet de serre du territoire (BEGES) a été réalisé en 2021. Nous attirons l’attention sur le fait que ce bilan mesure les émissions (directes et indirectes) liées à la consommation d’énergie, mais qu’il ne prend pas en compte les autres émissions indirectes… telles que les émissions de GES émises par les produits issus de l’industrie, que nous importons d’autres territoires. Ces informations sont pourtant capitales pour mesurer l’empreinte carbone, et en diminuer au maximum l’impact dans nos politiques publiques.
Sur les objectifs généraux :
Le Conseil départemental souhaite se conformer aux objectifs de la loi française, qui pour l’instant ne permettent pas de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C. Le Conseil National de la Transition Écologique estime d’ailleurs que les mesures prises nationalement ne permettront pas de réduire les émissions de GES de 40%, et encore moins de 55% à l’horizon 2030, conformément au nouvel objectif, plus contraignant, que se s’est fixé l’Europe. Malgré quelques efforts, force est de constater que l’Essonne ne parviendra pas non plus à ces objectifs.

Coté financement départemental :
Nous constatons l’augmentation des enveloppes départementales dédiées aux politiques de transition écologique, en particulier concernant la politique de l’eau, les espaces naturels sensibles, le développement des énergies renouvelables ou encore la rénovation des bâtiments départementaux. Cependant, la plupart des projets inscrits ne sont pas encore chiffrés, et nous avons demandé en séance que les ambitions affichées soient suivies d’actions concrètes et utiles. A cette heure, rien ne nous indique que cette enveloppe sera à la hauteur de l’ambition affichée par le département. Enfin, nous manquons d’indicateurs de suivi et des objectifs précis qui nous permettraient de mesurer
l’efficacité des mesures annoncés.


Toutefois, après avoir dressé ce tableau qui peut sembler bien négatif, il est a noté que l’ensemble des mesures annoncées vont dans le bon sens. C’est pourquoi après nous être abstenus sur la délibération-cadre nous avons voté POUR les premières déclinaisons de ces politiques publiques. Nous avons noté la volonté de l’exécutif de mettre en avant une certaine « radicalité », en allant plus loin, plus vite, plus fort. Faute de pouvoir mesurer si l’efficacité des différents dispositifs est à la hauteur de l’ambition affichée d’inscrire le Département dans les engagements de l’accord de Paris, nous relativisons donc l’ambition affichée.
Nous nous réjouissons enfin de l’adoption d’un amendement proposé par notre groupe
Naturellement l’Essonne dans la politique de l’eau, pour s’opposer à tout projet de méga-bassines dans le Département et leur financement.

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Rapport du Giec : ce que les décideurs publics doivent retenir

Pour mobiliser les décideurs publics à se lancer dans l’action et à comprendre les enjeux du changement climatique, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a publié le 20 mars 2023 un résumé pour les décideur publics, dont nous vous livrons les principaux enseignements.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) a publié ce lundi 20 mars un rapport de synthèse d’un vaste travail réalisé depuis 2015. Il regroupe les conclusions des trois volets de son sixième rapport d’évaluation (publiés entre 2021 et 2022) et d’autres part de trois rapports spéciaux (datant de 2018, 2019 et 2020) sur les conséquences d’un réchauffement de +1,5°C et les impacts sur les océans et la cryosphère (ensemble des constituants du système terrestre composés d’eau à l’état solide).

Ce nouveau rapport est donc composé de deux parties : un résumé pour décideurs (37 pages, en anglais et disponible ici) et un texte de synthèse plus long. Nous vous proposons une synthèse des principaux points abordés dans ce résumé pour décideurs.

Le réchauffement est déjà de +1,1°C

Les experts soulignent tout d’abord que, « sans équivoque »,  ce sont bien les activités humaines – et  principalement les émissions de gaz à effet de serre (GES) – qui sont responsables du réchauffement climatique. Il est estimé à +1,1°C entre les périodes 1850-1900 et 2011-2022, avec un impact moins fort sur les mers et océans (+0,88°C) que sur les terres (+1,59°C). Ce réchauffement s’est accéléré au fil du temps, si bien que sur les seules vingt dernières années (2001-2020), la hausse est de +0,99°C.

Le réchauffement a provoqué « des changements rapides dans l’atmosphère, l’océan, la cryosphère et la biosphère (l’ensemble des écosystèmes) », et ce dans toutes les régions du monde, en intensifiant les évènements climatiques extrêmes (canicules, sécheresses, pluies intenses) et en les rendant plus fréquents.

La moitié de la population est particulièrement affectée

Désormais, près de 3,6 milliards d’habitants vivent dans des « contextes hautement vulnérables au changement climatique », ce qui les expose à des problèmes d’alimentation et au manque d’eau. Les communautés les plus affectées sont celles qui ont le moins contribué aux émissions et qui, étant les plus pauvres, ont le moins de moyens pour y faire face. Par ailleurs, il est avéré que les phénomènes de chaleur se sont traduits par une hausse de la mortalité.

Le rapport évoque aussi l’importance des « pertes et dommages » liés au changement climatique qui concernent l’homme (les villes, les infrastructures, …), la biodiversité et les écosystèmes, la production agro-alimentaire ou encore la santé.

« Maladaptation »

Le Giec observe que des lois et politiques d’adaptation ont été mises en place dans toutes les régions avec plus ou moins d’efficacité, et parfois de la « maladaptation », soit quand une politique d’adaptation génère des effets néfastes et non désirés. Les efforts d’adaptation actuels sont jugés insuffisants, notamment en terme de montant d’investissements. Enfin, les engagements actuels pris par les États pour contenir le réchauffement à +1,5°C à l’horizon 2100 ne vont pas suffire, le Giec estimant que les efforts actuels nous dirigent vers un réchauffement de 2,8°C.

Les émissions de GES continuent d’augmenter et le réchauffement risque donc de s’accélérer, avec l’atteinte des +1,5°C à court terme (d’ici 2040). Cela va conduire à des évènements climatiques extrêmes plus intenses (moussons, sécheresses, inondations, …) et des pertes et dommages considérables. Les interactions entre les risques climatiques et les risques non climatiques vont s’intensifier, rendant plus complexes la gestion des impacts climatiques. Exemple : le manque d’eau va impacter la production agricole, et donc l’alimentation et la santé ; ou encore les inondations, les glissements de terrain, le manque d’eau vont avoir de graves conséquences sur les personnes, les infrastructures et l’économie.

Les espoirs des scientifiques

« Certains changement sont inévitables et irréversibles (comme l’élévation du niveau de la mer, NDLR), mais ils peuvent être limités si l’on réduit rapidement et intensément les émissions de GES », estime le Giec. Il faut donc agir vite, d’autant que les solutions d’adaptation qui sont jugés efficaces et d’ores et déjà applicables pourraient perdre de leur intérêt avec une augmentation du réchauffement. Il faut également veiller à éviter la « maladaptation », en adoptant des politiques « flexibles, multisectorielles, inclusives, et sur le long terme ».

Pour espérer limiter le réchauffement à 1,5 ou 2 °C, il faut donc mettre en place « dès maintenant » des politiques de neutralité carbone dans tous les secteurs au cours de cette décennie, souligne le rapport.

Agir à la fois sur l’adaptation et l’atténuation

« La fenêtre pour s’assurer un futur durable et vivable est en train de se refermer rapidement », pointe le rapport. Pour ne pas rater le coche, il faut intensifier la coopération internationale, travailler sur l’adaptation et l’atténuation, développer des politiques coordonnées avec une gouvernance élargie, mais aussi permettre à tous – et surtout les plus vulnérables, qu’il s’agisse de pays ou de groupes d’acteurs – d’avoir accès à des moyens financiers adéquats.

Pour ne pas se limiter à ce constat inquiétant, le Giec souligne qu’il existe « des solutions d’adaptation et d’atténuation qui sont efficaces, applicables et peu coûteuses », et qui peuvent varier d’une région à l’autre. Il faut les employer pour que se fassent « des transitions rapides et de grandes envergures », que cela concerne l’agriculture, l’industrie ou encore les systèmes urbains.

L’importance de la justice sociale

Le groupe d’experts appelle également à veiller à ce que ces processus de transition se fassent dans une logique « d’inclusion, d’équité et de justice sociale », ce qui permettra de les rendre plus acceptables et de devenir plus résilients. Cela passera par des changements de comportements et de modes de consommation pour réduire l’impact climatique, ce qui pourra aussi être source de bien-être.

Dernier message pour les décideurs locaux : c’est « la volonté politique qui permettra une action climatique efficace ». Il faudra qu’elle s’accompagne d’objectifs clairs, d’une gouvernance ouverte, en travaillant tout à la fois les cadres institutionnel et réglementaire, avec des politiques et des stratégies qui faciliteront l’accès aux technologies et aux moyens financiers. Enfin, le Giec estime que les moyens financiers actuels sont suffisants, mais constate qu’il existe encore des freins pour réorienter le capital dans l’action climatique.

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Naturellement l’Essonne

Vous trouverez en pièce jointe la communication du Groupe Naturellement l’Essonne à l’issue de la commission permanente du conseil départemental qui s’est tenue le lundi 20 mars.

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Tout savoir sur la dérogation au titre des espèces protégées

La faune et la flore bénéficient d’un régime de protection forte au sein du code de l’environnement du fait de la transposition de la directive « habitats ». Dans cette analyse, Vianney Cuny, avocat au cabinet DS Avocats, décrypte deux jurisprudences récentes, de la Cour de justice de l’Union européenne et du Conseil d’Etat, qui ont apporté des précisions sur le champ d’application de cette protection.

Transposant la directive « habitats », le code de l’environnement institue un régime de protection stricte de la flore et de la faune protégées. Une décision du 4 mars 2021 de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et un avis ­contentieux du 9 décembre 2022 du ­Conseil d’Etat ont permis d’éclairer le champ d’application de cette protection.

Ces décisions ont un fort impact opérationnel pour les maîtres d’ouvrage. En effet, la possibilité de se dispenser d’un dossier de demande de dérogation constitue un élément majeur de ­sécurisation pour un porteur de projet, étant donné les ­conditions très difficiles pour justifier légalement leur obtention, dans un ­contexte où l’admi­nistration, à la suite des annulations ­contentieuse en cascade, est désormais beaucoup plus vigilante sur leur délivrance.

Protection de la faune et de la flore sauvages

Les dispositions de l’article L.411-2 du code de l’environnement instituent un double régime de protection stricte s’appliquant, d’une part, aux spécimens d’espèces protégées, pour lesquels l’interdiction d’y porter atteinte s’applique notamment à la « mutilation, la destruction, la capture ou l’enlèvement, la perturbation intentionnelle » des individus, et, d’autre part, aux habitats naturels d’espèces protégées, dont la destruction, l’altération ou la dégradation est interdite.

­Conformément aux dispositions de l’­article R.411-1 du code de l’environnement, la liste des espèces protégées et leurs habitats est fixée par voie d’arrêté ministériel.

S’agissant des spécimens, les régimes de protection distinguent les « espèces protégées », pour lesquelles toute atteinte à leur intégrité est systématiquement interdite (destruction des spécimens, des œufs et des nids, mutilation, capture, enlèvement, perturbation intentionnelle), des « espèces réglementées », pour lesquelles les régimes de protection sont moins stricts (mutilation, naturalisation, ­colportage, vente ou achat, utilisation commerciale ou non). S’agissant des habitats naturels, les arrêtés de protection interdisent de porter atteinte sans dérogation aux aires de reproduction et de repos nécessaires à la réalisation des cycles biologiques des espèces protégées. Le droit européen et le droit national ne protègent, en revanche, pas les aires de nourrissage ou de transit des espèces protégées.

Le champ d’application de la protection de la faune et de la flore protégées est donc différent selon que l’impact du projet ­concerne soit des spécimens d’espèces protégées, dont l’intégrité physique et l’activité phénologique sont protégées sans restriction, soit des habitats naturels, pour lesquels sont protégées uniquement certaines « fonctions », à savoir celles de repos et de reproduction des habitats d’espèces, et ce, pour autant que l’impact du projet soit ­susceptible de remettre en cause les cycles biologiques des espèces ­concernées.

Protection des spécimens d’espèces protégées

Par un arrêt du 4 mars 2021, la CJUE a ­considéré que la nécessité d’une dérogation au régime d’interdiction stricte de porter atteinte aux spécimens d’espèces protégées ne pouvait pas dépendre de l’­effet du projet sur l’état de ­conservation de l’espèce. Sur cette base, toute atteinte à un seul spécimen d’espèce protégée pourrait induire la nécessité d’une dérogation, sans que ne doive être prise en ­considération l’ampleur de cette atteinte, la période à laquelle elle se produit, ni les mesures d’évitement et de réduction adoptées par le maître d’­ouvrage (1). Cette position est précisément celle qui a été retenue par la Cour de cassation par un arrêt du 30 novembre 2022, imposant aux maîtres d’ouvrage le dépôt d’une demande de dérogation dès le premier spécimen détruit.

La position du ­Conseil d’Etat a, quant à elle, été rendue dans le cadre d’un avis contentieux du 9 décembre 2022, à la suite de deux questions de la cour administrative d’appel de Douai, sur une affaire ­concernant un parc éolien, où celle-ci a ­interrogé le ­Palais-Royal pour savoir si la destruction, la mutilation ou la perturbation ­intentionnelle d’un seul spécimen d’­espèce protégée pouvait ­conduire à devoir demander une dérogation ou si une atteinte significative sur une part significative de spécimens était nécessaire, en tenant ­compte, notamment, de leur nombre et du régime de protection applicable aux espèces ­concernées.

Dans son avis, le Conseil d’Etat impose au maître d’ouvrage un raisonnement en deux temps. Tout d’abord, dès lors que des spécimens d’espèces protégées sont présents dans une zone, il doit se poser la question de la nécessité d’une telle dérogation, indépendamment du nombre de spécimens et de l’état de ­conservation des espèces protégées en présence. Toutefois, l’obtention d’une telle dérogation n’est impérative que si le projet est ­susceptible d’impliquer un « risque suffisamment caractérisé » sur les individus d’espèces protégées. Si ce risque est suffisamment négligeable en raison, notamment, de l’effectivité des mesures d’évitement et de réduction proposées, une dérogation au titre des espèces protégées n’est alors pas nécessaire.

La solution retenue par le ­Conseil d’Etat n’est pas aussi permissive qu’une première lecture pourrait le suggérer.

D’une part, le ­Conseil d’Etat n’exclut pas la dérogation en cas de certitude d’une destruction directe et intentionnelle d’un ou de quelques spécimens d’espèces protégées, même si cette espèce ne présente pas un enjeu ­particulier de ­conservation. En effet, l’avis précise que le régime de protection de la faune et de la flore sauvages ne dépend « ni du nombre de ces spécimens, ni de l’état de ­conservation des espèces ­protégées » inventoriées.

D’autre part, une approche plus relativiste l’aurait ­conduit à employer la notion d’ « incidence résiduelle notable », renvoyant à l’appréciation holistique des effets d’un projet au regard des enjeux écologiques globaux d’une ­population d’espèces, plutôt que celle de « risque », renvoyant davantage à l’intégrité physique individuelle des spécimens. Il est d’ailleurs à noter que les juridictions du fond ayant déjà appliqué cet avis ­contentieux se sont interrogées sur le « risque de destruction » d’individus d’espèces protégées, leur « intégrité » ou le « danger de collision ou de destruction » (2), sans examiner les incidences du projet sur le nombre de spécimens ­concernés ou les enjeux de ­conservation écologiques plus globaux liés à ces espèces.

Aussi, pour échapper à la dérogation, le maître d’ouvrage devra démontrer avoir mis en œuvre l’ensemble des techniques effectives, au titre des mesures d’évitement et de réduction, justifiant que le risque d’­atteinte sur l’intégrité physique des spécimens d’­espèces protégées est suffisamment réduit pour être considéré, le cas échéant, comme négligeable, en tenant ­compte de la sensibilité et de la vulnérabilité de l’­espèce ­considérée au regard des caractéristiques du projet, du secteur géographique ­concerné et de la période de l’atteinte.

Protection des habitats naturels d’espèces protégées

Le Conseil d’Etat, dans son avis contentieux du 9 décembre 2022, ne s’est prononcé que sur la question des spécimens, à l’exclusion de celle des habitats naturels.

Comme cela a été mentionné ci-avant, sont protégés les habitats présentant certaines fonctions, à savoir celles de repos et de reproduction des habitats d’espèces, et ce, pour autant que l’impact du projet soit ­susceptible de remettre en cause les cycles biologiques des espèces. Les autres fonctions écologiques des habitats ne sont pas protégées (chasse, transit…).

Sur cette base, il a pu être jugé que la destruction partielle d’une partie d’une aire de repos ou de reproduction ­particulièrement vaste ou aisément substituable en raison du ­contexte paysager du projet, ne remettant pas en cause l’­accomplissement de ces fonctions pour les espèces ­concernées sur une aire d’étude pertinente, n’impose pas une demande de dérogation au titre des espèces protégées (3).

La position de la CJUE sur ce sujet a été donnée dans sa décision précitée du 4 mars 2021, sans que celle-ci ne diverge fondamentalement de l’approche du juge administratif national. En effet, la CJUE juge que doit être soumise à dérogation toute incidence, qu’elle soit notable ou non, directe ou indirecte, individuelle ou cumulée, sur un habitat naturel d’espèce protégées, qui aboutit à la perte permanente de sa fonction écologique de repos ou de reproduction. Ainsi, par une analyse a contrario, dans sa dernière communication sur la directive « Habitats » (4), la Commission européenne en déduit que dans les cas où les mesures du maître d’ouvrage permettent d’établir avec certitude le maintien ou la ­reconstitution d’une aire de reproduction ou de repos, assurant « la permanence de la fonctionnalité écologique de l’habitat naturel de l’espèce ­concernée dans une zone ­particulière », le projet peut valablement être exclu du champ d’application de la dérogation au titre des espèces protégées.

Ainsi, en cas d’incidence sur des habitats naturels, pour échapper à la dérogation, le maître d’ouvrage devra justifier que les mesures d’évitement et de réduction adoptées permettent d’assurer le maintien, sur l’aire d’étude, des fonctions écologiques préexistantes impactées par le projet, de telle manière que les ­populations d’espèces pourront se maintenir sur cette aire d’étude.

A notre sens, une telle démonstration implique de prouver une absence de perte intermédiaire, c’est-à-dire une absence de décalage entre la destruction des habitats aux périodes de repos et de reproduction et la mise en œuvre effective des mesures nécessaires au maintien de ces fonctions sur l’aire d’étude.

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Effets pervers de la vidéo surveillance à Mennecy

Mennecy compte autour de 160 caméras et le maire espère en installer 20 à 30 supplémentaires par an. Pour quelle efficacité?

L’opacité des chiffres inspire de la défiance. Ce système de vidéo surveillance est très coûteux en matériel, en entretien, en locaux et en personnel.

La réalité que montrent de nombreuses études sur le sujet et que l’on constate dans nos rues est loin des promesses sécuritaires, 0 à 3% d’affaires résolues grâce aux vidéos!

Les caméras ont des effets pervers. Lesquels? Les habitants constatent que la délinquance est repoussée dans les zones hors de vue des caméras. En fait, le dispositif est souvent détourné pour faire de la vidéoverbalisation des infractions routières. Elles servent les discours politiques pour faire plaisir à l’électorat. C’est un argument très fort puisque visible dans les villes, ça rassurerait mais… Les habitants qui devraient être rassurés par ces caméras se disent que si l’on en a besoin, c’est qu’il y a de la délinquance et ils s’inquiètent davantage. Ils ont alors tendance à se réfugier dans un vote vers les extrêmes!

Nous pourrions en installer à des endroits très spécifiques mais les déployer en masse en en faisant la priorité de la politique de sécurité publique n’est pas sérieux. Ces centaines de milliers d’€ pourraient être dépensées autrement, en ayant pourquoi pas des agents de police municipale plus nombreux…

Plus nombreux devant le lycée, ils seraient bien plus efficaces que deux pauvres caméras!

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Les indices de position sociale des écoles et des collèges attisent la colère

Depuis la publication des indices de position sociale des établissements scolaires, les ruptures d’égalité entre territoires sautent aux yeux. Un « choc » qui génère de l’incompréhension chez les familles des élèves inscrits dans les établissements exclus des réseaux d’éducation prioritaire malgré un environnement moins favorable à la réussite scolaire.

IPS des écoles, collèges et lycée de Mennecy à la fin de cet article

Chiffres-clés

21,6% des collégiens du secteur public étaient inscrits dans un collège REP ou REP + (rattachement qui ne concerne que les établissements urbains), à la rentrée 2020. En élémentaire, 20,3 % des élèves sont scolarisés en REP ou REP+. Source : ministère de l’Education nationale, septembre 2020

Ce 17 janvier, c’est le sentiment d’injustice qui a poussé une cinquantaine de parents d’élèves à occuper le groupe scolaire Jean-­Renoir à Noisy-le-Sec (45 000 hab. Seine-Saint-­Denis) pour réclamer des moyens. En octobre, ils ont découvert l’indice de position sociale (IPS) de leur école, variable qui permet de savoir si les élèves sont, en moyenne, plus ou moins issus d’un milieu social favorable à leur réussite scolaire.

Il synthétise le capital social, économique et ­culturel des parents. Il est d’autant plus élevé que le contexte familial est bénéfique aux apprentissages. Or, à 67,9, l’IPS de Jean-Renoir est beaucoup plus bas que les parents ne l’imaginaient : de 20 points inférieur à la moyenne de la ville et de 33 en dessous de celle de l’académie de Créteil. Surtout, il est moins haut une l’indice des écoles voisines, qui sont classées en réseau d’éducation prioritaire (REP).

Discussion avec les préfets

Avec près de 400 élèves, de la petite section au CM2, ce groupe scolaire fait partie des écoles dites « orphelines » qui cumulent les ­difficultés sociales sans bénéficier des moyens des REP et REP+, faute d’un classement de leur collège de rattachement au dispositif de l’éducation prioritaire. Or, « le dédoublement des classes soulagerait énormément les professeurs ! » s’emporte Clarisse Heusquin, dont le fils est scolarisé dans une classe de grande section de maternelle de 28 élèves. Après des années d’obstruction du ministère de l’Education nationale, le tribunal administratif de Paris a exigé, dans une décision rendue le 13 juillet 2022, la publication de ces chiffres, à la suite du recours déposé en décembre 2020 par le journaliste de « La Gazette » Alexandre Léchenet.

Depuis, les IPS nourrissent la fronde de parents, qui se sentent laissés-pour-compte. « Après le choc de ces chiffres, ça bouillonne ! » ­confirme ­Isabelle ­Lacroix, coprésidente de la FCPE 93, qui a déjà reçu des courriers de la part de cinq collectifs de parents en colère.

Car, avec ces indices, les inégalités territoriales deviennent criantes. « Pourquoi certaines écoles parisiennes sont-elles classées REP alors qu’elles ont des IPS supérieurs à 100 ? dénonce Julie Grünebaum, adjointe au maire (PCF) de ­Noisy-le-Sec, déléguée aux droits de l’enfant, à la réussite éducative et à la restauration. La parole de terrain n’est pas prise au sérieux par l’Education nationale. Cet indicateur vient la légitimer ! »

« C’est maintenant une donnée ­publique et les familles vont s’en saisir ! Un argument à faire valoir dans nos ­discussions avec les préfets », prédit ­Delphine Labails, présidente de la commission « éducation » de l’Association des maires de France, qui s’attend à de fortes mobilisations en raison de « la saignée de fermetures de postes » dans nombre de territoires.

Les maires non informés

La publication des IPS alimente aussi un ressentiment envers les pouvoirs publics. « Ils savaient mais n’ont rien fait ! accuse Servane Marzin, parente d’élève au collège Lavoisier de Pantin (60 400 hab., Seine-Saint-Denis), écarté des REP alors que son IPS 2021-2022 n’est que de 76,7. Nous n’avons pas d’infirmière scolaire, ni d’assistante sociale, le bâti est abîmé, les dotations financières revues à la baisse, trois classes vont fermer… »

« Ils », pour les parents, c’est l’Etat, mais aussi, parfois, les collectivités, soupçonnées de vouloir préserver l’image d’une ville ou d’un quartier. « Je suppose que le maire connaissait l’IPS du collège mais qu’il ne souhaitait pas soutenir son classement en REP pour éviter que tous les collèges de la ville ne le soient », avance-t-elle. Ce dont se défend l’édile (PS), Bertrand Kern. « Les IPS n’ont jamais été communiqués à la collectivité ! De toute façon, c’est le département qui définit la carte scolaire. En revanche, je fais tout pour obtenir plus de moyens pour mes écoles élémentaires », s’insurge-t-il. Julie Grünebaum, à Noisy-le-Sec, n’a pas non plus été mise au courant des IPS. « Nous les avons découverts en même temps que les familles, assure-t-elle. C’est bien la preuve que l’Etat n’est pas dans une logique de partenariat ! »

Un risque de concurrence

Selon Guénaël Levray, adjoint au maire (PS) des Ulis (25 200 hab. Essonne), chargé de la vie éducative et de la jeunesse, « l’IPS est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ». Il a soutenu la manifestation de parents d’élèves en janvier pour réclamer le classement en REP du collège Mondétour : « Cela fait des années qu’ils réclament des moyens. C’est injuste d’écarter un collège parce que son IPS [91,7 en 2021, ndlr] est de quelques points supérieur à d’autres collèges en REP. Mais l’Education nationale ne vit et ne respire que par des effets de seuils ! Les tensions, les incidents et les exclusions ne sont pas du tout pris en compte. On ne devrait pas se figer sur les données sociales. »

D’autant que l’IPS étant basé sur les professions et catégories socioprofessionnelles des familles, enregistrées par les établissements, « il est soumis à une certaine marge d’erreur », prévient le ministère. Le risque pour l’élu des Ulis, « c’est qu’il soit utilisé par les parents pour alimenter la ­concurrence entre établissements ». D’après Bertrand Kern, il met surtout en évidence que les parents évitent d’inscrire leurs enfants dans certains établissements « face à la dégradation des conditions d’enseignement ».

Pap Ndiaye, ministre de l’Education nationale, a annoncé, le 9 décembre, la refonte de la carte de l’éducation prioritaire. On n’a donc pas fini d’entendre parler de l’IPS…

IPS: comment ça marche?

L’indice de position sociale (IPS) permet d’appréhender le statut social des élèves à partir des professions et catégories sociales (PCS) de leurs parents. Pour chaque PCS, la valeur numérique de l’IPS correspond à un résumé quantitatif d’un ensemble d’attributs socio-économiques et culturels liés à la réussite scolaire.

Concrètement, pour déterminer les valeurs associées à chaque PCS, nous avons considéré la moyenne pondérée de caractéristiques telles que les diplômes, les pratiques culturelles, les conditions matérielles, le capital culturel et l’implication des parents dans la scolarité. Cette méthodologie statistique est décrite dans l’article de Rocher (2016) et s’appuie sur une méthode d’analyse de données (analyse des correspondances multiples) réalisée à partir du panel de la DEPP d’élèves entrés en sixième en 2007. Les valeurs de référence de l’IPS sont disponibles pour chaque PCS et pour chaque croisement de PCS (mère-père), cf. Rocher (2016).

Ainsi, dès lors que les PCS des parents ont été recueillies, il suffit d’appliquer les valeurs de référence de l’IPS. Le niveau social d’un établissement scolaire est apprécié à travers le calcul de la moyenne des IPS des élèves qui y sont scolarisés.

Il convient de rappeler que, comme tout indice synthétique, il s’agit d’un résumé simplifié de la réalité, qui ne peut rendre compte à lui seul de la complexité de la situation socio-économique et culturelle des élèves accueillis dans un établissement.

Enfin, l’IPS étant basé sur les PCS déclarées par les familles et enregistrées par les établissements, il est soumis à une certaine marge d’erreur : ainsi, il est conseillé de ne pas surinterpréter des différences de 3 points ou moins concernant les IPS moyens des écoles.

Rentrée scolaireNom de l’établissmentIPS
2016-2017ECOLE ELEMENTAIRE L ORMETEAU116.8
2017-2018ECOLE ELEMENTAIRE L ORMETEAU119.0
2018-2019ECOLE ELEMENTAIRE L ORMETEAU120.5
2019-2020ECOLE PRIMAIRE L ORMETEAU117.7
2020-2021ECOLE PRIMAIRE L ORMETEAU113.3
2021-2022ECOLE PRIMAIRE L ORMETEAU116.9
2016-2017ECOLE ELEMENTAIRE LA JEANNOTTE101.9
2017-2018ECOLE ELEMENTAIRE LA JEANNOTTE103.0
2018-2019ECOLE ELEMENTAIRE LA JEANNOTTE102.5
2019-2020ECOLE ELEMENTAIRE LA JEANNOTTE102.4
2020-2021ECOLE ELEMENTAIRE LA JEANNOTTE103.9
2021-2022ECOLE ELEMENTAIRE LA JEANNOTTE102.0
2016-2017ECOLE PRIMAIRE LA SABLIERE118.1
2017-2018ECOLE PRIMAIRE LA SABLIERE118.5
2018-2019ECOLE PRIMAIRE LA SABLIERE117.3
2016-2017ECOLE ELEMENTAIRE LES MYRTILLES139.5
2017-2018ECOLE ELEMENTAIRE LES MYRTILLES136.1
2018-2019ECOLE ELEMENTAIRE LES MYRTILLES135.2
2019-2020ECOLE ELEMENTAIRE LES MYRTILLES134.8
2020-2021ECOLE ELEMENTAIRE LES MYRTILLES132.8
2021-2022ECOLE ELEMENTAIRE LES MYRTILLES132.7
2019-2020ECOLE PRIMAIRE COLLINE DE VERVILLE121.5
2020-2021ECOLE PRIMAIRE COLLINE DE VERVILLE130.5
2021-2022ECOLE PRIMAIRE COLLINE DE VERVILLE124.2
Rentrée scolaireNom de l’établissementIPS
2016-2017COLLEGE PARC DE VILLEROY120.2
2017-2018COLLEGE PARC DE VILLEROY118.3
2018-2019COLLEGE PARC DE VILLEROY117.4
2019-2020COLLEGE PARC DE VILLEROY114.6
2020-2021COLLEGE PARC DE VILLEROY115.0
2021-2022COLLEGE PARC DE VILLEROY115.4
Rentrée scolaireNom de l’établissementIPS voie GTIPS voie PROIPS Ensemble GT-PRO
2016-2017LYCEE MARIE LAURENCIN124.690.5120.1
2017-2018LYCEE MARIE LAURENCIN124.889.5120.4
2018-2019LYCEE MARIE LAURENCIN126.991.7122.3
2019-2020LYCEE MARIE LAURENCIN123.092.5118.8
2020-2021LYCEE MARIE LAURENCIN119.688.4115.3
2021-2022LYCEE MARIE LAURENCIN118.087.7113.9

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Fait-il fait bon vivre à Mennecy?

Le JDD a publié un classement des 500 premières villes et villages de France où il fait bon vivre. Pas une seule commune de la CCVE n’y figure, pas même Mennecy qui est 899ème…

Ce palmarès est basé sur 198 critères, 10 catégories et une pondération est mise en place basée sur l’ordre de priorité des Français.

Mennecy n’est que 11ème sur 15 des communes de 10 000 à 20 000 habitants du département…

A chacun ses priorités… Évry-Courcouronnes arrive en tête des villes de l’Essonne. Corbeil-Essonnes est mieux classée que Mennecy. Malgré tout, je pense que les menneçois préfèrent, comme moi, vivre à Mennecy.

Néanmoins, il est intéressant de comprendre pourquoi nous sommes si mal classés, derrière des communes si peu attrayantes en apparence…

Les français ont répondu à un sondage pour déterminer quelles sont les thématiques essentielles dans leur esprit pour définir une ville ou un village où il fait bon vivre. En voici le résultat:

Les 34 820 communes de France métropolitaine considérées par le palmarès sont analysées sur 198 critères, répartis dans les 10 catégories préalablement citées. Chaque critère appartient à une et une seule sous-catégorie, qui elle-même appartient à une et une seule catégorie. Une sous-catégorie constitue un regroupement thématique de critères, au sein d’une catégorie. Toutes les données des critères proviennent de sources officielles.

Que se passe-t-il à Mennecy? Mes impressions:

L’attractivité immobilière est mauvaise du fait de prix élevés mais s’ils sont élevés, c’est que l’on a envie d’y vivre… Toutefois, une commune comme Saint Germain Lès Corbeil à des prix bien plus élevés pour des maisons similaires et mêmes identiques pour certaines. On constate aussi à Mennecy, une vacance importante dans les appartements récents alors pourquoi continuer à construire autant. Et puis, un logement cher, est-il attractif?

Sports et loisirs, nous avons toutes les infrastructures nécessaires et les associations réalisent un très bon travail mais l’urbanisation croissante de Mennecy et la hausse de la population oblige déjà des clubs à limiter leur nombre d’adhérents.

La solidarité, ce n’est jamais suffisant.

L’éducation, beaucoup trop d’élèves au collège et au lycée, des écoles en partie rénovées. La Jeannotte souffre. L’urbanisation croissante de Mennecy et les nouvelles populations mettent en difficulté nos infrastructures.

La protection de l’environnement, des actions désordonnées sont faites mais ne parviennent pas à dissimuler l’urbanisation croissante de Mennecy et toutes les difficultés que cela entraîne…

Le commerce, des efforts sont faits sur le marché central et les commerces se multiplient en périphérie. Le commerce « le garage » est une tentative intéressante pour dynamiser le centre-ville et conserver un commerce, on verra dans le temps s’il perdure.

Les transports, un RER D déficient du fait d’une politique régionale stupide qui a obligé les Menneçois à changer de train pour aller à Paris, des temps qui augmentent en voiture aussi du fait d’une circulation croissante à cause de l’urbanisation croissante de Mennecy et de la CCVE.

La santé, Mennecy n’est pas un désert médical et des actions sont faites mais c’est un critère compliqué et, une fois encore, l’accroissement de la population réduit l’offre disponible et l’augmentation de la circulation allonge les temps de parcours pour aller consulter.

La sécurité, alors que des dépenses astronomiques sont réalisées pour un système de vidéo surveillance qui devraient rassurer la population, on constate l’effet inverse. On a besoin de caméras parce que ça va mal, voilà l’effet pervers du système. On met des bornes en béton et des barrières pour protéger les parking et les centres commerciaux des jeunes la nuit et plutôt que de rassurer, on inquiète la population. Beaucoup de faits divers autour du lycée ou du collège sont rapportées dans les familles, les cambriolages sont immédiatement médiatisés sur les réseaux ou par mail par les Associations de quartier des Levitt et le tour est joué, les familles ne se sentent plus en sécurité à Mennecy… Il ne se passe pas rien à Mennecy mais je ne m’y sens pas en insécurité.

La qualité de vie, des menneçois déménagent pour mieux vivre ailleurs. Voilà ce que l’on peut lire sur les réseaux ou encore que l’on peut entendre. Je ne sais pas si c’est vrai ou si c’est une impression mais une chose est certaine, de nombreux habitants sont exaspérés par la politique d’urbanisation du maire qui abîme notre cadre de vie. A Mennecy, tout est cher. La cantine, les garderies et études, les impôts, l’eau, la collecte des ordures ménagères,… Autant de facteurs qui ne bénéficient pas au classement de notre commune.

Pour conclure cet article un peu long que, j’espère, vous aurez lu jusque là, on peut aisément comprendre que finalement nous pourrions très largement améliorer notre classement et notre cadre de vie en arrêtant le toujours plus de constructions dans notre commune. On peut aussi comprendre que l’on peut, malgré ce classement, préférer habiter dans notre ville plutôt que dans celles mieux classées car nos critères ou ressentis ne sont pas les mêmes… On comprend aussi qu’un nouveau maire ne ferait pas moins mais mieux!

https://www.villesetvillagesouilfaitbonvivre.com/

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RER D: soutien à la ligne S

Le saviez-vous?

Fin 2022, un large collectif d’élus, de communes, et d’associations s’est constitué pour faire exister le projet de « ligne S » afin de l’accompagner jusqu’à sa naissance effective en décembre 2023 (SA 2024).

Des associations d’usagers, comme l’ ADUMEC (Association de Défense des Usagers, des Maires et des Elus en Colère de la ligne RER D sud – branche Malesherbes) présidée par Monsieur Jean FERET, ont initié ce projet de ligne S en 2021 ( Livre Blanc du Forum du RERD sud 2021) Séduits par le projet les villes de Corbeil-Essonnes, Ris-Orangis, Etiolles, Soisy sur Seine, Ballancourt, Le Malesherbois ont demandé à des experts suisses indépendants de la SNCF de travailler cette idée. Cette étude a montré que grâce à des trains directs Juvisy/Paris Gare de Lyon on pouvait réduire considérablement la durée de voyage pour les usagers du sud de l’Essonne. Ile de France Mobilités (l’autorité organisatrice des transports) s’en est emparée et SNCF l’étudie actuellement.

On a vu d’excellents projets finir sur une étagère, aussi le collectif a la volonté de se mobiliser avec les usagers des transports en commun réguliers et tous les habitants de nos territoires afin de montrer aux décideurs de la région IDF et SNCF notre volonté de voir aboutir rapidement, cette ligne S.

Ce projet a besoin d’un soutien de la Région Ile de France, et grâce à nos élus convaincus cette volonté existe. Mais il doit être plus que jamais soutenu par un grand nombre de citoyens, car il faut aussi obtenir le soutien de l’Etat, de SNCF Réseau, en charge du réseau ferroviaire (les rails et leur utilisation), de SNCF Mobilités, en charge de l’exploitation (faire rouler les trains), et d’Ile de France Mobilités.
Une première décision devrait être prise par Ile de France Mobilités dans les semaines qui viennent (avril 2023), alors pour être sûr de ne pas passer à côté de cette formidable occasion d’améliorer notre quotidien rapidement, nous vous remercions pour votre soutien en signant cette pétition.

Nous pouvons apporter notre soutien à la ligne S en signant la pétition https://rerd.xyz/petition-pour-le-soutien-de-la-ligne-s/

Une liaison par le rail directe, plus rapide et plus fréquente vers Paris aurait un impact considérable pour les habitants de Mennecy avec une meilleure qualité de vie (moins de circulation, gain de temps, …) et une hausse de la valeur de nos propriétés.

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