« Les promesses » ou le combat ordinaire d’une élue de banlieue

Le 26 janvier sort dans les salles « Les Promesses », un film de Thomas Kruithof. Isabelle Huppert y incarne la maire d’une commune de banlieue parisienne qui se bat contre l’habitat indigne, accompagnée de son dévoué directeur de cabinet interprété par Reda Kateb. Toute ressemblance avec des personnages réels n’est pas purement fortuite…

Evoquer le quotidien d’une élue locale de banlieue, ça n’arrive pas si souvent dans le cinéma français. Y ajouter la lutte contre les marchands de sommeil et le traitement des copropriétés dégradées est encore plus rare. C’est le parti pris du film « Les promesses », tourné dans plusieurs communes de Seine-Saint-Denis, qui sort dans les salles le 26 janvier. Le réalisateur Thomas Kruithof a travaillé avec le scénariste Jean-Baptiste Delafon, auteur de la fameuse série « Baron Noir ». Après la scène politique nationale, c’est à la vie politique locale, et ses liens avec le pouvoir central, que ce dernier s’est intéressé.

Suspense autour d’une copropriété dégradée

Clémence (Isabelle Huppert) est maire d’une commune de banlieue parisienne qui pourrait se situer en Seine-Saint- Denis, elle est épaulée par son directeur de cabinet, Yazid, qui a grandi dans l’une des cités de la ville. A l’aube des élections municipales, après deux mandats de maire, Clémence s’apprête à rendre son écharpe, mais tient à mener à bout l’un des gros dossiers de son mandat, la rénovation de la cité des Bernardins, une copropriété dégradée de 3000 habitants gangrenée par les marchands de sommeils. Objectif, rentrer dans le plan national de rénovation des copropriétés dégradées et obtenir un chèque de 63 millions d’euros de l’État.

Le film est centré sur la relation entre la maire et son directeur de cabinet, il dépeint finement leur complicité professionnelle teintée d’affection, et la tentation du pouvoir, tant pour l’un que pour l’autre.

Immersion

Les auteurs du film ont passé du temps avec certains maires de Seine-Saint-Denis comme Olivier Klein à Clichy-sous-Bois, où le film a été tourné, Stéphane Gatignon à Sevran, Catherine Arenou à Chanteloup-les-Vignes  (le personnage de Clémence en est certainement inspiré), ou encore Philippe Rio à Grigny. La justesse du film tient beaucoup à cela – on y voit Clémence allant de réunions dans les ministères pour défendre son dossier, à une rencontre avec les habitants de la cité des Bernardins pour les convaincre de payer leurs charges de copropriété. « Nous sommes allés à la rencontre des maires, du tissu associatif, des habitants. A Clichy, à Grigny, les techniciens nous ont expliqué comment fonctionnent les marchands de sommeil, on a été confronté à la complexité des métiers dans les collectivités, la multiplicité des interlocuteurs, des équipes », résume Jean-Baptiste Delafon, le scénariste.

Les auteurs ont réussi la gageure de faire un film à suspense d’une procédure de traitement d’une copropriété dégradée, tout en en décrivant la complexité – les marchands de sommeil peuvent – parfois- être des gens faibles manipulés par d’autres plus malins qu’eux.

Mise en lumière

Lors d’une projection du film organisée le 11 janvier en avant première par France Urbaine, Villes et Banlieue, l’Association des maires d’Ile-de-France et l’Agence nationale de l’habitat, certains élus de banlieue étaient présents.  « Voir un film qui parle de la banlieue sans montrer la police, c’est un exploit. J’espère que ce film va nous aider à avancer sur l’habitat indigne pour les années à venir », s’est félicité Philippe Rio. « Un film sur les copropriétés dégradées, est ce que ça va intéresser quelqu’un ? s’est dit Olivier Klein quand il a pris connaissance du projet. Au final on est bien face à un film de cinéma, pas un documentaire, et qui montre les élus dans leur complexité ».

Emmanuelle Wargon, la ministre en charge du Logement, était également présente. « Le film montre bien que pour avancer sur ce sujet des copropriétés dégradées, il faut parler à chaque copropriétaire, il faut de la volonté et de l’obstination », a-t-elle souligné, reconnaissant que, comme dans le film, « dans le jeu interministériel, même trente secondes avant une prise de décision, il y a encore une fenêtre de tir, on peut encore faire bouger les choses ». Voilà qui motivera les dizaines d’élus qui ont ce lourd dossier à porter au cours de leur mandat.

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